{"id":5451,"date":"2026-03-15T17:32:31","date_gmt":"2026-03-15T16:32:31","guid":{"rendered":"https:\/\/revuedestemps.com\/?p=5451"},"modified":"2026-03-16T22:37:26","modified_gmt":"2026-03-16T21:37:26","slug":"ambiguite-de-lutopie-dans-loeuvre-de-jules-verne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revuedestemps.com\/index.php\/2026\/03\/15\/ambiguite-de-lutopie-dans-loeuvre-de-jules-verne\/","title":{"rendered":"Ambigu\u00eft\u00e9 de l\u2019utopie dans l\u2019\u0153uvre de Jules Verne."},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n<h4>C\u2019est en 1879 que parut le roman de Jules Verne <em>Les 500 millions de la Begum<\/em>. Celui-ci est l\u2019histoire de deux savants, l\u2019un Fran\u00e7ais, l\u2019autre Allemand, qui, se partageant un fabuleux h\u00e9ritage l\u00e9gu\u00e9 par l\u2019\u00e9pouse d\u2019un maharadja, se mirent en t\u00eate d\u2019\u00e9difier chacun, au fin fond de l\u2019Am\u00e9rique du Nord, une ville qui prendrait exactement le contrepied de l\u2019autre. Si le Fran\u00e7ais, le docteur Sarasin, a choisi de cr\u00e9er une cit\u00e9, d\u00e9nomm\u00e9e par lui France-ville, frappant par son caract\u00e8re hygi\u00e9nique et l\u2019art de vivre le plus sain, l\u2019Allemand Herr Schultze s\u2019est lanc\u00e9 dans l\u2019\u00e9dification d\u2019une cit\u00e9 de l\u2019acier, Stahlstadt, manifestant sa toute-puissance par la production d\u2019\u00e9normes canons et mena\u00e7ant la cit\u00e9 rivale. Un ami du Docteur Sarrasin, Marcel Bruckmann va p\u00e9n\u00e9trer \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur pour tenter de percer ses projets\u2026<\/h4>\n<h4>Le contexte de l\u2019\u00e9poque explique le choix du sujet. La France a \u00e9t\u00e9 vaincue par l\u2019Allemagne quelques ann\u00e9es auparavant et un sentiment antigermanique pr\u00e9vaut dans le pays. Ce n\u2019est pas la premi\u00e8re fois que l\u2019\u00e9crivain met en sc\u00e8ne des Allemands dans l\u2019un de ses romans. Dans <em>Voyage au centre de la terre<\/em>, deux des voyageurs s\u2019avan\u00e7ant dans le c\u0153ur de la plan\u00e8te \u00e9taient des habitants d\u2019outre-Rhin. Mais l\u2019\u0153uvre avait \u00e9t\u00e9 \u00e9crite en 1863, avant que n\u2019ait lieu le conflit entre les deux pays. Cette fois-ci, l\u2019auteur se livre v\u00e9ritablement \u00e0 une profession de foi contre le p\u00e9ril germanique repr\u00e9sent\u00e9 par sa puissance industrielle, notamment dans le domaine de la m\u00e9tallurgie. Il s\u2019est montr\u00e9 dans ce domaine aussi critique \u00e0 l\u2019\u00e9gard des Etats-Unis d\u2019Am\u00e9rique. Anti-Allemand, anti-Am\u00e9ricain, son \u0153uvre sugg\u00e8re l\u2019inqui\u00e9tude face \u00e0 la d\u00e9mesure du monde moderne.<\/h4>\n<h3><strong>La lutte entre le bien et le mal\u00a0: deux cit\u00e9s<\/strong><\/h3>\n<h4>P\u00e9n\u00e9tr\u00e9 par son d\u00e9sir d\u2019imaginer les extrapolations techniques suscit\u00e9es par les conqu\u00eates scientifiques de son temps, Jules Verne a souvent us\u00e9 de l\u2019utopie pour donner la meilleure vision possible de l\u2019avenir qu\u2019il concevait pour les hommes. Maints exemples de cit\u00e9s ou de communaut\u00e9s humaines donn\u00e9s par l\u2019\u00e9crivain frappent par leur aspect bienfaisant, un certain id\u00e9al de vie d\u00e9gag\u00e9 par la vie sociale dont elles sont le r\u00e9ceptacle\u00a0: Coal City dans <em>Les Indes noires<\/em>, Antekirta dans <em>Mathias Sandorf<\/em>, la petite communaut\u00e9 des radeaux de <em>la Jangada<\/em> en Am\u00e9rique du sud\u2026<\/h4>\n<h4>Mais tout en se montrant enthousiaste envers les d\u00e9veloppements inattendus de la science, l\u2019\u00e9crivain s\u2019est parfois montr\u00e9 sceptique envers le pouvoir excessif qu\u2019ils pouvaient conf\u00e9rer \u00e0 l\u2019homme, comme en t\u00e9moigne, <em>Ma\u00eetre Zacharius<\/em>, texte de jeunesse rappelant le mythe de Faust. Des savants \u00e0 la limite de la folie ont \u00e9t\u00e9 mis en sc\u00e8ne par notre auteur tout au long de sa carri\u00e8re litt\u00e9raire. Si des cit\u00e9s \u00e0 l\u2019apparence radieuse sont sorties de son imagination fertile, il n\u2019en est pas moins vrai qu\u2019il a propos\u00e9 \u00e0 l\u2019attention de ses lecteurs des villes au caract\u00e8re plus tragique, \u00ab\u00a0villes de la perdition\u00a0\u00bb donnant l\u2019envers de l\u2019id\u00e9al utopique, autrement dit se pr\u00e9sentant comme des \u00ab\u00a0dystopies\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0La richesse des villes verniennes consiste dans le fait que la civilisation qu\u2019elles repr\u00e9sentent est mise en avant tant\u00f4t comme un mod\u00e8le utopique, tant\u00f4t comme une d\u00e9formation grotesque du mod\u00e8le lui-m\u00eame, tant\u00f4t encore comme le renversement de celui-ci en mod\u00e8le dystopique\u00a0\u00bb<sup><a id=\"post-5451-footnote-ref-1\" href=\"#post-5451-footnote-1\">[1]<\/a><\/sup> disait Nadia Minerva. Milliard city dans <em>L\u2019\u00eele \u00e0 h\u00e9lice<\/em>, Universal city dans <em>La journ\u00e9e d\u2019un journaliste am\u00e9ricain en 2889<\/em>&#8230; Le comble est atteint avec Blackland v\u00e9ritable cit\u00e9 du mal dirig\u00e9e par des gens sans aveux au c\u0153ur du continent africain dans <em>L\u2019extraordinaire aventure de la mission Barsac<\/em>, \u00e9crit par son fils Pierre Verne. D\u2019ordinaire, il accordait sa pr\u00e9f\u00e9rence aux petites communaut\u00e9s vivant dans des cit\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9chelle humaine et les immenses conurbations industrielles n\u2019entra\u00eenaient que sa m\u00e9fiance.<\/h4>\n<h4>Mais ce qui frappe dans <em>Les 500 millions de la B\u00e9gum<\/em> est que les deux cit\u00e9s aux caract\u00e8res oppos\u00e9s existent simultan\u00e9ment, en vis-\u00e0-vis sur un m\u00eame continent. D\u2019ordinaire, chaque roman de Jules Verne pr\u00e9sente un univers d\u2019un seul tenant, celui au sein duquel sont amen\u00e9s \u00e0 s\u2019engouffrer ses h\u00e9ros\u00a0: le monde marin dans <em>20000 lieues sous les mers<\/em>, les entrailles de la plan\u00e8te dans <em>Voyage au centre de la terre<\/em>, l\u2019espace et le monde lunaire dans <em>Autour de la Lune<\/em>, l\u2019Asie centrale dans <em>Michel Strogoff<\/em> autant de vastes environnements proposant leur richesse bigarr\u00e9e \u00e0 l\u2019attention des voyageurs, au-del\u00e0 \u00e0 celle des lecteurs, riches en symboles de toutes sortes propres \u00e0 relier l\u2019immense Nature \u00e0 la mythologie dont notre \u00e2me est tributaire. Dans <em>Les 500 millions de la B\u00e9gum<\/em>, le lecteur prend connaissance de deux villes que leur dynamisme propre met tout de suite en rivalit\u00e9. La dualit\u00e9 ainsi exprim\u00e9e n\u2019est que la projection des divisions int\u00e9rieures auxquelles a toujours \u00e9t\u00e9 en proie la nature humaine.<\/h4>\n<h4>C\u2019est l\u00e0 pr\u00e9cis\u00e9ment la dimension inh\u00e9rente \u00e0 l\u2019utopie.<\/h4>\n<h4>Celle-ci comporte en effet deux faces. D\u2019une part, Platon en a fait \u00e9tat dans <em>La R\u00e9publique<\/em>, elle propose un monde id\u00e9al gouvern\u00e9 par la sagesse dans lequel chaque individu se vouerait corps et \u00e2me \u00e0 l\u2019accomplissement de la prosp\u00e9rit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale. D\u2019autre part, elle d\u00e9tient un caract\u00e8re niveleur, voire destructeur, \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la libert\u00e9 de chacun. Ce sont ces deux aspects, la face lumineuse, la face sombre, que Jules Verne a voulu mettre en exergue. Les sombres d\u00e9tours au sein desquels se passe la majeure partie de l\u2019action dans l\u2019une des deux cit\u00e9s se posent en contraste avec l\u2019aspect id\u00e9alis\u00e9 pris par l\u2019autre.<\/h4>\n<h4>L\u2019homme aspire au bien et succombe au mal, telle est la constance \u00e0 laquelle ob\u00e9it l\u2019Occidental conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019optique chr\u00e9tienne. Pourtant, Carl Gustav Jung (1875-1961), l\u2019un des fondateurs de la psychanalyse, l\u2019a reconnu, tout bien n\u2019existe que par rapport \u00e0 un mal correspondant et entre l\u2019un et l\u2019autre existe un caract\u00e8re de relativit\u00e9 propre \u00e0 en limiter les exc\u00e8s. D\u00e9nier au mal toute existence r\u00e9elle revient \u00e0 conf\u00e9rer au bien une place toute puissante et \u00e0 l\u00e9gitimer les chasses aux sorci\u00e8res ayant s\u00e9vi au cours de l\u2019Histoire. Aussi, d\u2019une confrontation entre France-ville et Stahlstadt ne peut ressortir qu\u2019une meilleure conscience de la diversit\u00e9 de la nature humaine.<\/h4>\n<h4>Tout le roman se r\u00e9sume par l\u2019action entreprise par son h\u00e9ros dans Stahlstadt, la \u00ab\u00a0cit\u00e9 du mal\u00a0\u00bb, occasion pour le lecteur de prendre connaissance de ses sinistres particularit\u00e9s. En comparaison, France-ville, la \u00ab\u00a0cit\u00e9 du bien\u00a0\u00bb prend un caract\u00e8re irr\u00e9el. C\u2019est par le compte rendu fait par un journal allemand, autrement dit hostile par principe \u00e0 la cit\u00e9 du docteur Sarrasin, que le lecteur en prend connaissance. Il apparait alors que France-ville se d\u00e9ploie dans tout son caract\u00e8re utopique. En d\u00e9pit des pr\u00e9cautions que l\u2019\u00e9crivain prend en disant que chaque habitant reste libre de ses choix on ne peut \u00eatre que frapp\u00e9s par la rigueur qui sous-tend son organisation. Des r\u00e8gles rigides sont impos\u00e9es tant dans l\u2019urbanisation que dans le mode de vie des citoyens. L\u2019oisivet\u00e9 n\u2019y est pas de mise et l\u2019on ne peut que penser avec nostalgie \u00e0 la distinction que les Romains faisaient jadis entre l\u2019<em>Otium<\/em>, loisir construit, et le <em>negotium<\/em>. \u00ab\u00a0Il s&rsquo;agit de cr\u00e9er une cit\u00e9 d&rsquo;air et de lumi\u00e8re, c&rsquo;est-\u00e0-dire une cit\u00e9 de surface et de plan\u00e9it\u00e9, ignorant profondeur, nuit et ab\u00eeme, d\u00e9pourvue de vis\u00e9e transcendante, et ce de fa\u00e7on \u00e0 ce que ni la mort ni la maladie ne viennent provoquer de pertes dans la force productive de la population [\u2026] un futur mod\u00e8le id\u00e9ologique vou\u00e9 \u00e0 l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie d&rsquo;une standardisation rationaliste\u00a0\u00bb<sup><a id=\"post-5451-footnote-ref-2\" href=\"#post-5451-footnote-2\">[2]<\/a><\/sup> souligne l\u2019historien de la litt\u00e9rature Jean-Pierre Picaud. On songe \u00e0 l\u2019utopie repr\u00e9sent\u00e9e par le <em>Contrat social<\/em> de Rousseau et sa tendance \u00e0 mettre au pinacle le respect absolu de la volont\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale tout en restant vague sur la mani\u00e8re de l\u2019exprimer. \u00ab\u00a0On les forcera \u00e0 \u00eatre libre\u00a0\u00bb<sup><a id=\"post-5451-footnote-ref-3\" href=\"#post-5451-footnote-3\">[3]<\/a><\/sup> \u00e9crivait-il, atteinte au libre arbitre de l\u2019individu\u00a0!<\/h4>\n<h4>En d\u00e9finitif, la cit\u00e9 du docteur Sarasin d\u00e9tient un aspect abstrait, image de la s\u00e9duction qui ressort de toute utopie, le Bien pr\u00e9sent\u00e9 dans son caract\u00e8re le plus absolu. Sans r\u00e9pondant offert par un univers antagoniste, une telle organisation pourrait tourner au puritanisme le plus \u00e9troit. Une plong\u00e9e du lecteur au sein de la sombre Stahlstadt va offrir un d\u00e9rivatif, brutal contrepoint \u00e0 cet environnement par trop aseptis\u00e9.<\/h4>\n<h3><strong>Confrontation avec le monde chaotique de la cit\u00e9 de l\u2019acier<\/strong><\/h3>\n<h4>Cette plong\u00e9e va se faire par l\u2019interm\u00e9diaire du h\u00e9ros Marcel Bruckmann. Dans son sens le plus large, le h\u00e9ros est celui qui se refuse \u00e0 subir l\u2019influence de son milieu pour ob\u00e9ir \u00e0 une puissance spirituelle allant au-del\u00e0. Mythe de la jeunesse, il symbolise la difficile construction de la personnalit\u00e9 humaine et, comme tel, balance entre forces antagonistes. Dans les romans d\u2019aventure, il se jette de plain-pied dans un univers chaotique l\u2019obligeant \u00e0 se d\u00e9passer, ainsi Marcel Bruckmann s\u2019enfon\u00e7ant dans Stahlstadt.<\/h4>\n<h4>Le personnage frappe par son ambigu\u00eft\u00e9. Orphelin, il est marqu\u00e9 au d\u00e9part par une faiblesse initiale. Celle-ci est caract\u00e9ristique du h\u00e9ros dans les \u00e9pop\u00e9es, l\u2019\u00eatre qui se d\u00e9marque de l\u2019influence de ses parents en vue de son accomplissement. Comme celui-ci n\u2019en a pas il est invit\u00e9 \u00e0 se construire par lui-m\u00eame. Il est seulement l\u2019ami du fils du docteur Sarasin et de la famille de ce dernier il va vouloir se faire le protecteur. \u00ab\u00a0Un besoin imp\u00e9rieux le tourmentait d\u2019exceller en tout, aux barres comme \u00e0 la balle, au gymnase comme au laboratoire de chimie\u00a0\u00bb<sup><a id=\"post-5451-footnote-ref-4\" href=\"#post-5451-footnote-4\">[4]<\/a><\/sup>. Une autre de ses faiblesses est son origine g\u00e9ographique. Jules Verne a fait de lui un Alsacien, autrement dit un habitant des provinces perdues, enlev\u00e9es par l\u2019Allemagne en 1871. \u00ab\u00a0Les malheurs de la France, la s\u00e9paration de l\u2019Alsace et de la Lorraine, avaient imprim\u00e9 au caract\u00e8re de Marcel une maturit\u00e9 toute virile\u00a0\u00bb<sup><a id=\"post-5451-footnote-ref-5\" href=\"#post-5451-footnote-5\">[5]<\/a><\/sup>. Il n\u2019aura de cesse de vouloir combattre l\u2019ennemi germanique sous toutes ses formes.<\/h4>\n<h4>Ces insuffisances donnent \u00e0 ce personnage sa dimension h\u00e9ro\u00efque en ce sens qu\u2019elles accusent en lui son caract\u00e8re vuln\u00e9rable. Achille et son talon, Jason se pr\u00e9sentant \u00e0 Argos chauss\u00e9 d\u2019une seule sandale, le h\u00e9ros est esclave des forces de la Terre. Toute son aventure prendra sens dans sa tentative pour rem\u00e9dier \u00e0 ces faiblesses en se confrontant \u00e0 la cit\u00e9 de l\u2019acier.<\/h4>\n<h4>Le caract\u00e8re inqui\u00e9tant \u00e9manant de celle-ci provient de ce qu\u2019elle s\u2019assimile \u00e0 un labyrinthe.<\/h4>\n<h4>On conna\u00eet celui du roi Minos en Cr\u00e8te duquel parvinrent \u00e0 s\u2019\u00e9chapper D\u00e9dale et Icare, puis Th\u00e9s\u00e9e. Bien des traditions lui ont m\u00e9nag\u00e9 une place dans leur imaginaire. Le labyrinthe est une image de l\u2019inconscient, ce monde immense et obscur pr\u00e9sent dans les soubassements de l\u2019\u00e2me avec ses d\u00e9tours et ses recoins les plus cach\u00e9s, vaste univers de symboles susceptible d\u2019enrichir la conscience humaine. C\u2019est l\u2019immense r\u00e9servoir d\u2019\u00e9nergie incarn\u00e9 par l\u2019inconscient collectif dont parle Jung, tr\u00e9sor prodigieux sur lequel l\u2019individu peut toujours s\u2019appuyer en cas de troubles. Au-del\u00e0, le labyrinthe est l\u2019image de la vie m\u00eame avec ses al\u00e9as et ses surprises. L\u2019homme engag\u00e9 dans son existence conna\u00eet maints succ\u00e8s et maints revers\u00a0; toujours, il progresse dans la connaissance de lui-m\u00eame. Plus encore que ses r\u00e9ussites, ses \u00e9checs, autant de retours en arri\u00e8re, le font \u00e9voluer par l\u2019exp\u00e9rience qui en est l\u2019apanage. Ainsi Marcel Bruckmann conna\u00eet-il l\u2019aventure de la vie dans les sombres recoins de Stahlstadt, projection du voyage entrepris par l\u2019individu \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de lui-m\u00eame.<\/h4>\n<h4>Le monde du charbon, de la houille, de l\u2019acier faisant vivre la cit\u00e9, avec ses faubourgs, ses nombreuses galeries, les habitations des travailleurs agglom\u00e9r\u00e9s, donnent l\u2019image d\u2019un univers inqui\u00e9tant o\u00f9 l\u2019individu en oublie son \u00e2me. Jules Verne a montr\u00e9 l\u2019envers de la R\u00e9volution industrielle, une certaine d\u00e9shumanisation du travail. \u00ab\u00a0Entre ces voies se dressent des murailles, des piliers form\u00e9s par la houille m\u00eame ou par la roche. Tout cela r\u00e9gulier, carr\u00e9, solide, noir\u00a0!&#8230; Et dans ce d\u00e9dale de rues, \u00e9gales de largeur et de longueur, toute une arm\u00e9e de mineurs demi-nus s\u2019agitant, causant, travaillant \u00e0 la lueur de leurs lampes de s\u00fbret\u00e9\u00a0!&#8230;\u00a0\u00bb<sup><a id=\"post-5451-footnote-ref-6\" href=\"#post-5451-footnote-6\">[6]<\/a><\/sup>. D\u2019un tel endroit \u00e9merge un sentiment de d\u00e9mesure. La cit\u00e9 de l\u2019acier, exclusivement tourn\u00e9e vers les fabrications lourde, \u00e0 l\u2019oppos\u00e9 du charme l\u00e9ger de France-ville, ne consid\u00e8re que l\u2019aspect industrieux de la nature humaine, est l\u2019image d\u2019une puissance livr\u00e9e \u00e0 elle-m\u00eame, d\u00e9li\u00e9e de toute attache spirituelle avec la vie cosmique. Pour conna\u00eetre ses secrets, Marcel Bruckmann va \u00eatre amen\u00e9 \u00e0 parcourir ses parties, autant d\u2019occasions pour lui de s\u2019affirmer.<\/h4>\n<h4>Les paradoxes caract\u00e9risant l\u2019inconscient collectif de l\u2019individu vont trouver leur image dans les diff\u00e9rentes composantes de la cit\u00e9. Apr\u00e8s les sombres quartiers o\u00f9 s\u2019usent \u00e0 la t\u00e2che les travailleurs, le h\u00e9ros va p\u00e9n\u00e9trer dans le \u00ab\u00a0bloc central\u00a0\u00bb, la partie de Stahlstadt o\u00f9 vivent les dirigeants. \u00ab\u00a0Les ouvriers et employ\u00e9s y \u00e9taient soumis, avant leur admission, \u00e0 toute une s\u00e9rie de c\u00e9r\u00e9monies ma\u00e7onniques, oblig\u00e9s de s\u2019engager sous les serments les plus solennels \u00e0 ne rien r\u00e9v\u00e9ler de ce qui se passait, et impitoyablement punis de mort par un tribunal secret s\u2019ils violaient leur serment\u2026\u00a0\u00bb<sup><a id=\"post-5451-footnote-ref-7\" href=\"#post-5451-footnote-7\">[7]<\/a><\/sup>. Tel est l\u2019aspect tourment\u00e9 et contradictoire de ce milieu, en contraste avec l\u2019harmonie repr\u00e9sent\u00e9e par France-ville. On ne peut s\u2019emp\u00eacher de penser au <em>Ch\u00e2teau<\/em>, roman de Franz Kafka o\u00f9 est \u00e9voqu\u00e9 un lieu myst\u00e9rieux et inaccessible au sein duquel si\u00e8ge un \u00eatre inconnu envers qui chacun est responsable, sombre annonce de ce que sera le totalitarisme. Celui-ci n\u2019a jamais repr\u00e9sent\u00e9 l\u2019ordre splendide que voulait valoriser ses z\u00e9lateurs mais n\u2019\u00e9tait rendu possible que par le chaos ressortant d\u2019une bureaucratie pl\u00e9thorique.<\/h4>\n<h4>Au caract\u00e8re fulgurant pris par l\u2019univers des mines va succ\u00e9der celui plus intellectualis\u00e9 des biblioth\u00e8ques. Enfin, le h\u00e9ros p\u00e9n\u00e8trera dans la tour du taureau o\u00f9 si\u00e8ge le tyran de Stahlstadt. Du monde laborieux dans lequel il \u00e9voluait auparavant, il va entrer dans celui des merveilles repr\u00e9sent\u00e9es par le luxe v\u00e9g\u00e9tatif des jardins du maitre puis par le prodigieux raffinement de ses salons. \u00ab\u00a0Il traversa un salon rouge et or, puis un salon noir et or, et arriva \u00e0 un salon jaune et or o\u00f9 le valet le laissa seul cinq minutes. Enfin, il fut introduit dans un splendide cabinet de travail vert et or\u00a0\u00bb<sup><a id=\"post-5451-footnote-ref-8\" href=\"#post-5451-footnote-8\">[8]<\/a><\/sup>. Jamais le mal n\u2019est aussi dangereux que quand il est montr\u00e9 sous des dehors aussi s\u00e9duisants.<\/h4>\n<h4>Un choc psychologique va \u00eatre provoqu\u00e9 par la mort, avec ses visages divers. Log\u00e9 chez une veuve ayant perdu son mari dans les mines, Marcel Bruckmann se prend d\u2019amiti\u00e9 pour son jeune fils, enfant confront\u00e9 \u00e0 la dure condition du travailleur. Apr\u00e8s maintes recherches dans le labyrinthe de galerie, il finira par le retrouver mort, asphyxi\u00e9 par un d\u00e9gagement d\u2019acide carbonique.<\/h4>\n<h4>Maintes fois, l\u2019\u00e9crivain avait mis en sc\u00e8ne la mort, la fascination qu\u2019il \u00e9prouvait pour les cimeti\u00e8res en t\u00e9moigne. Au c\u0153ur des environnements objet des voyages extraordinaire il en a fait la narration. Dans <em>Vingt mille lieues sous les mers<\/em> est th\u00e9\u00e2tralis\u00e9 au fin fond de l\u2019univers marin l\u2019enterrement d\u2019un membre de l\u2019\u00e9quipage du nautilus, excellente mani\u00e8re de rendre hommage \u00e0 cette partie de la Cr\u00e9ation en choisissant d\u2019y reposer pour l\u2019\u00e9ternit\u00e9. \u00ab\u00a0Le capitaine Nemo et les siens venaient enterrer leur compagnon dans cette demeure commune, au fond de cet inaccessible oc\u00e9an\u00a0!\u00a0\u00bb<sup><a id=\"post-5451-footnote-ref-9\" href=\"#post-5451-footnote-9\">[9]<\/a><\/sup>. La mort, ainsi pr\u00e9sent\u00e9e au lecteur, occasionne chez celui-ci un rappel de la condition humaine. Apparue au h\u00e9ros au c\u0153ur m\u00eame de la cit\u00e9 de l\u2019acier, elle \u00ab\u00a0sauve\u00a0\u00bb celle-ci en la rattachant au sentiment d\u2019humanit\u00e9 que tout un chacun peut \u00e9prouver devant ces \u00e9v\u00e8nements. C\u2019est la mort de l\u2019enfant innocent qui ouvre la conscience sur des champs de possibilit\u00e9 beaucoup plus large en pla\u00e7ant celui qui en est t\u00e9moin \u00e0 la crois\u00e9e des chemins, continuer \u00e0 stagner dans la position occup\u00e9e, voire revenir en arri\u00e8re, ou continuer son p\u00e9riple en allant plus en avant.<\/h4>\n<h4>En l\u2019occurrence, elle va permettre \u00e0 Marcel Bruckmann de manifester son z\u00e8le et de rencontrer enfin le \u00ab\u00a0minotaure\u00a0\u00bb du labyrinthe. Mis en pr\u00e9sence de Herr Schulze, il aura une vision de la mort bien moins humaine que celle ayant caus\u00e9 la disparition du jeune gar\u00e7on.<\/h4>\n<h4>Le roman trouve son point culminant lorsque le ma\u00eetre de Stahlstadt consent \u00e0 lui montrer ses formidables canons, symbole d\u2019un \u00e2ge de fer per\u00e7u de mani\u00e8re exclusivement n\u00e9gative. Les forces chtoniennes pr\u00e9sentes en la nature humaine sont brutalement exhum\u00e9es et donnent l\u2019image d\u2019une mat\u00e9rialit\u00e9 sans liens aucun avec une quelconque influence c\u00e9leste. \u00ab\u00a0Rien n\u2019est plus grand que l\u2019homme et ses actes\u00a0\u00bb<sup><a id=\"post-5451-footnote-ref-10\" href=\"#post-5451-footnote-10\">[10]<\/a><\/sup>, ainsi s\u2019exprimait Jung quand il \u00e9voquait les g\u00e9ants de la mythologie antique en r\u00e9volte contre le roi des dieux, l\u2019inconscience des hommes c\u00e9dant \u00e0 la d\u00e9mesure. \u00ab\u00a0C\u2019est comme une batterie que je lance dans l\u2019espace et qui peut porter l\u2019incendie et la mort sur toute une ville en la couvrant d\u2019une averse de feux inextinguibles\u00a0!\u00a0\u00bb<sup><a id=\"post-5451-footnote-ref-11\" href=\"#post-5451-footnote-11\">[11]<\/a><\/sup> proclame Herr Schultze. La mythologie antique avait plac\u00e9 le caract\u00e8re industrieux de l\u2019homme et les exc\u00e8s susceptibles d\u2019en \u00eatre l\u2019apanage dans une divinit\u00e9 pourvue d\u2019un handicap, H\u00e9pha\u00efstos, le dieu forgeron. Boiteux d\u00e8s le d\u00e9part, son infirmit\u00e9 t\u00e9moignait de la d\u00e9pendance de la cr\u00e9ature envers les forces de la terre et des graves p\u00e9rils engendr\u00e9s par un usage inconsid\u00e9r\u00e9 de la science et des techniques. Mais incapable de prendre acte de sa faiblesse, Herr Schultze n\u2019a pas pris la mesure de sa puissance.<\/h4>\n<h4>A l\u2019encontre de ce personnage, Marcel Bruckmann va user de toute l\u2019humilit\u00e9 dont il est capable pour assurer sa promotion dans la cit\u00e9 et percer les secrets de son promoteur. A l\u2019exemple d\u2019Ulysse qui a su se m\u00e9tamorphoser tout au long de son Odyss\u00e9e en sachant adapter sa nature aux circonstances, il va oublier qu\u2019il est Alsacien pour devenir Suisse et endormir la m\u00e9fiance des autorit\u00e9s de Stahlstadt. Surtout, il ne va pas commettre l\u2019erreur d\u2019attaquer de front son tyran mais progressivement cerner sa personnalit\u00e9, user de ses d\u00e9fauts pour le manipuler et lui faire r\u00e9v\u00e9ler ses inventions. \u00ab\u00a0En peu de jours, le jeune Alsacien avait si bien appris le doigt\u00e9 sp\u00e9cial de ce clavier, qu\u2019il \u00e9tait arriv\u00e9 \u00e0 jouer du Schultze comme on joue du piano\u00a0\u00bb<sup><a id=\"post-5451-footnote-ref-12\" href=\"#post-5451-footnote-12\">[12]<\/a><\/sup>. Ainsi est la personne humaine, celle qui se r\u00e9alise, non en ignorant son monstre int\u00e9rieur, mais en l\u2019assimilant peu \u00e0 peu \u00e0 sa conscience. Condamn\u00e9 \u00e0 mort par le professeur Schultze et livr\u00e9 \u00e0 la garde de ses sbires, il ne c\u00e8dera pas pour autant au d\u00e9sespoir et utilisera son intelligence pour s\u2019enfuir de la cit\u00e9.<\/h4>\n<h3><strong>Le retour \u00e0 l\u2019unit\u00e9<\/strong><\/h3>\n<h4>Apprenti sorcier, Herr Schultze n\u2019a pas su ma\u00eetriser son pouvoir. Sa puissance formidable finit par l\u2019accabler et il va \u00eatre \u00e9cras\u00e9 sous le poids de ses armes fantastiques. L\u2019obus terriblement meurtrier qu\u2019il a lanc\u00e9 sur France-ville a provoqu\u00e9 la destruction du canon duquel il \u00e9tait sorti. Lui-m\u00eame va trouver la mort dans l\u2019explosion de l\u2019un de ses projectiles, \u00eatre litt\u00e9ralement statufi\u00e9 par une soudaine \u00e9vaporation du gaz carbonique de l\u2019obus, \u00ab\u00a0un Herr Schulze gigantesque, que l\u2019explosion de l\u2019un de ses terribles engins avait \u00e0 la fois asphyxi\u00e9 et congel\u00e9 sous l\u2019action d\u2019un froid terrible\u00a0!\u00a0\u00bb<sup><a id=\"post-5451-footnote-ref-13\" href=\"#post-5451-footnote-13\">[13]<\/a><\/sup>. Avec g\u00e9nie, Jules Verne l\u2019a pr\u00e9sent\u00e9 aux deux h\u00e9ros aventur\u00e9s dans la cit\u00e9 de Stahlstadt abandonn\u00e9e \u00e0 travers un verre d\u00e9formant. Ainsi finissait le titan qui avait os\u00e9 se r\u00e9volter contre les dieux. La mort ainsi d\u00e9crite se place \u00e0 l\u2019oppos\u00e9 de celle ayant frapp\u00e9 l\u2019enfant tandis que travaillait Marcel Bruckmann dans une ville alors florescente. Victime de son <em>hybris<\/em>, Herr Schultze n\u2019a pas su dompter son \u00ab\u00a0dragon int\u00e9rieur\u00a0\u00bb. A l\u2019instar de la femme de Lot qui, si l\u2019on en croit l\u2019Ancien Testament, a \u00e9t\u00e9 transform\u00e9e en statue de sel pour avoir d\u00e9sob\u00e9i au Tout-puissant, l\u2019aspect fig\u00e9 sous lequel il apparaissait aux yeux des protagonistes abasourdis ne faisait que symboliser une vie consciente qui n\u2019existait plus. Tel est le fanatique de tous les temps, un \u00eatre dont l\u2019\u00e2me s\u2019est envol\u00e9e.<\/h4>\n<h4>D\u2019une ville dont la t\u00eate pensante a disparu, la Nature va s\u2019emparer. Partout dans Stahlstadt ne vont plus r\u00e9gner que mis\u00e8re, d\u00e9sordre et ruines. C\u00e9l\u00e9br\u00e9e dans les \u0153uvres de l\u2019\u00e9crivain, la Nature conditionne les volont\u00e9s humaines. Elle manifestera sa toute-puissance quand l\u2019\u00e9norme obus envoy\u00e9 par Herr Schultze deviendra un nouveau satellite de la terre\u00a0\u00ab\u00a0jusqu\u2019\u00e0 la fin des si\u00e8cles\u00a0\u00bb<sup><a id=\"post-5451-footnote-ref-14\" href=\"#post-5451-footnote-14\">[14]<\/a><\/sup>. Toujours les actions des hommes trouvent leurs limites et il ne sert \u00e0 tien de tenter de braver les lois naturelles. En notre \u00eatre profond, il convient de les respecter et chacun se doit de travailler \u00e0 son unit\u00e9 personnelle.<\/h4>\n<h4>Celle-ci, dans un saisissant grossissement, trouve une expression imag\u00e9e dans l\u2019appropriation finale de Stahlstadt par France-ville. \u00ab\u00a0On croit trop en ce monde qu\u2019il n\u2019y a que profit \u00e0 tirer de l\u2019an\u00e9antissement d\u2019une force rivale. C\u2019est une grande erreur, et vous tomberez d\u2019accord avec moi, je l\u2019esp\u00e8re qu\u2019il faut au contraire sauver de cet immense naufrage tout ce qui peut servir au bien de l\u2019humanit\u00e9\u00a0\u00bb<sup><a id=\"post-5451-footnote-ref-15\" href=\"#post-5451-footnote-15\">[15]<\/a><\/sup> explique le h\u00e9ros au docteur Sarrasin. Les deux entit\u00e9s se rejoignaient. Il est permis alors de s\u2019interroger sur l\u2019avenir possible de France-ville que la fin du roman laisse dans l\u2019incertitude. Peut-\u00eatre a-t-elle \u00e9t\u00e9 rendue plus sage par l\u2019exp\u00e9rience v\u00e9cue. La n\u00e9cessit\u00e9 o\u00f9 elle fut de d\u00e9velopper une industrie pour mieux lutter contre son ennemie a d\u00fb lui faire consid\u00e9rer ses nobles institutions avec un certain recul et tenir pour relatif le bien-fond\u00e9 de leur existence. C\u2019est la destin\u00e9e d\u2019une utopie appliqu\u00e9e de mani\u00e8re rigide, laquelle tend \u00e0 s\u2019assouplir au contact des faits.<\/h4>\n<h4>Quant au docteur Sarasin, il est devenu ce que l\u2019on a coutume d\u2019appeler un \u00ab\u00a0vieux sage\u00a0\u00bb. Pr\u00e9sent dans les \u00e9pop\u00e9es et les contes, ce dernier est nanti d\u2019une personnalit\u00e9 particuli\u00e8rement accomplie telle qu\u2019elle doit s\u2019\u00e9panouir au cr\u00e9puscule de l\u2019existence humaine. Nestor dans <em>L\u2019Iliade<\/em>, Tir\u00e9sias dans <em>L\u2019Odyss\u00e9e<\/em>, Anchise dans <em>L\u2019En\u00e9ide<\/em>, Merlin l\u2019enchanteur dans l\u2019\u00e9pop\u00e9e des chevaliers de la table ronde sont, parmi moult exemples, des images de ces \u00eatres qui ont su faire de leur destin une destin\u00e9e. \u00ab\u00a0Que de forces perdues dont l\u2019emploi e\u00fbt \u00e9t\u00e9 utile, si l\u2019on avait pu les associer avec les n\u00f4tres et leur donner un but commun\u00a0!\u00a0\u00bb<sup><a id=\"post-5451-footnote-ref-16\" href=\"#post-5451-footnote-16\">[16]<\/a><\/sup> dit-il amer en apprenant la mort de son ennemi.<\/h4>\n<h4>Ce qui \u00e9tonne \u00e0 la lecture du roman est que l\u2019\u00e9crivain s\u2019est bien gard\u00e9 de placer l\u2019action dans une confrontation directe avec l\u2019Allemagne mais de la transposer dans une cit\u00e9 perdue au fin fond du continent am\u00e9ricain. Ainsi est transcend\u00e9e la nature de son propos car, au-del\u00e0 de la crainte qu\u2019inspirait aux peuples le monde germanique, c\u2019est une d\u00e9nonciation de la force brutale \u00e9man\u00e9e des pulsions instinctives de la cr\u00e9ature, quelle que puisse \u00eatre son origine, que veut promouvoir l\u2019\u00e9crivain. Pour cela, elle d\u00e9passe le contexte de son \u00e9poque pour exprimer une trag\u00e9die de tous les temps et rev\u00eat un caract\u00e8re ind\u00e9modable.<\/h4>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 style=\"text-align: right;\">\u00a9Didier Lafargue, journaliste pour <a href=\"https:\/\/www.sudouest.fr\/recherche\/?query=didier+lafargue&amp;search_page=1&amp;search_page_size=20\"><em>Sud-Ouest<\/em><\/a> et auteur de <a href=\"https:\/\/www.cgjung.net\/publications\/la-personne-humaine.htm#:~:text=Didier%20Lafargue%20revisite%20l'%C5%93uvre,responsable%22%20nous%20dit%2Dil.\">\u00ab <em>La personne humaine dans l\u2019\u0153uvre de Carl Gustav Jung<\/em> \u00bb<\/a>.<\/h3>\n<h4>\u00a0<\/h4>\n<h4><strong>Bibliographie et r\u00e9f\u00e9rences pour la r\u00e9daction de l&rsquo;article :<\/strong><\/h4>\n<ul>\n<li>Nadia Minerva, <em>Jules Verne aux confins de l\u2019utopie<\/em>. Paris\u00a0: L\u2019Harmattan, 2001.<\/li>\n<li>Jean Chesneaux, <em>Jules Verne un regard sur le monde<\/em>. Paris\u00a0: Bayard Editions, 2001.<\/li>\n<li>Jean-Michel Gouvard, <em>Le nautilus en bouteille Une lecture de Jules Verne \u00e0 la lumi\u00e8re de Walter Benjamin<\/em>. Rennes, Editions Pontcerq, 2019.<\/li>\n<\/ul>\n<ol>\n<li id=\"post-5451-footnote-1\">\n<p>Nadia Minerva, <em>Jules Verne aux confins de l\u2019utopie<\/em>. Paris\u00a0: L\u2019Harmattan, 2001, p.119. <a href=\"#post-5451-footnote-ref-1\">\u2191<\/a><\/p>\n<\/li>\n<li id=\"post-5451-footnote-2\">\n<p>Jean-Pierre Picaud, <em>Utopie de la mort et mort de l\u2019utopie chez Jules Verne<\/em>. Dans Romantisme revue du XIXe si\u00e8cle, ann\u00e9e 1988, n\u00b061, PP 95-105. <a href=\"#post-5451-footnote-ref-2\">\u2191<\/a><\/p>\n<\/li>\n<li id=\"post-5451-footnote-3\">\n<p>Jean-Jacques Rousseau, <em>Du contrat social<\/em>, 1762. Paris\u00a0: Garnier Flammarion, 1966, Livre I, chapitre 7, p.54. <a href=\"#post-5451-footnote-ref-3\">\u2191<\/a><\/p>\n<\/li>\n<li id=\"post-5451-footnote-4\">\n<p>Jules Verne, <em>Les 500 millions de la B\u00e9gum<\/em>. Paris\u00a0: Hachette, collection Le Livre de poche Jules Verne, 1966, chapitre II, p.17. <a href=\"#post-5451-footnote-ref-4\">\u2191<\/a><\/p>\n<\/li>\n<li id=\"post-5451-footnote-5\">\n<p><em>Ibid<\/em>., p.18. <a href=\"#post-5451-footnote-ref-5\">\u2191<\/a><\/p>\n<\/li>\n<li id=\"post-5451-footnote-6\">\n<p><em>Ibid<\/em>., p.85. <a href=\"#post-5451-footnote-ref-6\">\u2191<\/a><\/p>\n<\/li>\n<li id=\"post-5451-footnote-7\">\n<p><em>Ibid.<\/em>, p.96-97. <a href=\"#post-5451-footnote-ref-7\">\u2191<\/a><\/p>\n<\/li>\n<li id=\"post-5451-footnote-8\">\n<p><em>Ibid<\/em>., p.107. <a href=\"#post-5451-footnote-ref-8\">\u2191<\/a><\/p>\n<\/li>\n<li id=\"post-5451-footnote-9\">\n<p>Jules Verne, <em>Vingt mille lieues sous les mers<\/em>, chapitre XXIV. <a href=\"#post-5451-footnote-ref-9\">\u2191<\/a><\/p>\n<\/li>\n<li id=\"post-5451-footnote-10\">\n<p>Carl Gustav Jung, <em>Ma vie<\/em>. Paris\u2026 p. 372. <a href=\"#post-5451-footnote-ref-10\">\u2191<\/a><\/p>\n<\/li>\n<li id=\"post-5451-footnote-11\">\n<p>Jules Verne, <em>Les 500 millions de la B\u00e9gum<\/em>. <em>Op.cit<\/em>., p122. <a href=\"#post-5451-footnote-ref-11\">\u2191<\/a><\/p>\n<\/li>\n<li id=\"post-5451-footnote-12\">\n<p><em>Ibid<\/em>., p. 110. <a href=\"#post-5451-footnote-ref-12\">\u2191<\/a><\/p>\n<\/li>\n<li id=\"post-5451-footnote-13\">\n<p><em>Ibid.<\/em>, p.227. <a href=\"#post-5451-footnote-ref-13\">\u2191<\/a><\/p>\n<\/li>\n<li id=\"post-5451-footnote-14\">\n<p><em>Ibid.<\/em>, p.183. <a href=\"#post-5451-footnote-ref-14\">\u2191<\/a><\/p>\n<\/li>\n<li id=\"post-5451-footnote-15\">\n<p><em>Ibid.<\/em>, p.234. <a href=\"#post-5451-footnote-ref-15\">\u2191<\/a><\/p>\n<\/li>\n<li id=\"post-5451-footnote-16\">\n<p><em>Ibid.<\/em>, p.232. <a href=\"#post-5451-footnote-ref-16\">\u2191<\/a><\/p>\n<\/li>\n<\/ol>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C\u2019est en 1879 que parut le roman de Jules Verne Les 500 millions de la Begum. Celui-ci est l\u2019histoire de deux savants, l\u2019un Fran\u00e7ais, l\u2019autre Allemand, qui, se partageant un fabuleux h\u00e9ritage l\u00e9gu\u00e9 par l\u2019\u00e9pouse d\u2019un maharadja, se mirent en t\u00eate d\u2019\u00e9difier chacun, au fin fond de l\u2019Am\u00e9rique du Nord, une ville qui prendrait exactement [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":38,"featured_media":5466,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[14],"tags":[54],"class_list":["post-5451","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-litterature","tag-mars2026"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v26.1.1 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>Ambigu\u00eft\u00e9 de l\u2019utopie dans l\u2019\u0153uvre de Jules Verne. - Revue des Temps<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/revuedestemps.com\/index.php\/2026\/03\/15\/ambiguite-de-lutopie-dans-loeuvre-de-jules-verne\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Ambigu\u00eft\u00e9 de l\u2019utopie dans l\u2019\u0153uvre de Jules Verne. - Revue des Temps\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"C\u2019est en 1879 que parut le roman de Jules Verne Les 500 millions de la Begum. Celui-ci est l\u2019histoire de deux savants, l\u2019un Fran\u00e7ais, l\u2019autre Allemand, qui, se partageant un fabuleux h\u00e9ritage l\u00e9gu\u00e9 par l\u2019\u00e9pouse d\u2019un maharadja, se mirent en t\u00eate d\u2019\u00e9difier chacun, au fin fond de l\u2019Am\u00e9rique du Nord, une ville qui prendrait exactement [&hellip;]\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/revuedestemps.com\/index.php\/2026\/03\/15\/ambiguite-de-lutopie-dans-loeuvre-de-jules-verne\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Revue des Temps\" \/>\n<meta property=\"article:published_time\" content=\"2026-03-15T16:32:31+00:00\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2026-03-16T21:37:26+00:00\" \/>\n<meta property=\"og:image\" content=\"http:\/\/revuedestemps.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Copie-de-Copie-de-Copie-de-Copie-de-Octobre-2024-4-scaled.jpg\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:width\" content=\"2560\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:height\" content=\"1280\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:type\" content=\"image\/jpeg\" \/>\n<meta name=\"author\" content=\"Didier Lafargue\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"\u00c9crit par\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"Didier Lafargue\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:label2\" content=\"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data2\" content=\"22 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\/\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"Article\",\"@id\":\"https:\/\/revuedestemps.com\/index.php\/2026\/03\/15\/ambiguite-de-lutopie-dans-loeuvre-de-jules-verne\/#article\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/revuedestemps.com\/index.php\/2026\/03\/15\/ambiguite-de-lutopie-dans-loeuvre-de-jules-verne\/\"},\"author\":{\"name\":\"Didier Lafargue\",\"@id\":\"https:\/\/revuedestemps.com\/#\/schema\/person\/db92be17fd8c0fbd63117ac1a1318d47\"},\"headline\":\"Ambigu\u00eft\u00e9 de l\u2019utopie dans l\u2019\u0153uvre de Jules Verne.\",\"datePublished\":\"2026-03-15T16:32:31+00:00\",\"dateModified\":\"2026-03-16T21:37:26+00:00\",\"mainEntityOfPage\":{\"@id\":\"https:\/\/revuedestemps.com\/index.php\/2026\/03\/15\/ambiguite-de-lutopie-dans-loeuvre-de-jules-verne\/\"},\"wordCount\":4402,\"commentCount\":0,\"publisher\":{\"@id\":\"https:\/\/revuedestemps.com\/#organization\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\/\/revuedestemps.com\/index.php\/2026\/03\/15\/ambiguite-de-lutopie-dans-loeuvre-de-jules-verne\/#primaryimage\"},\"thumbnailUrl\":\"https:\/\/revuedestemps.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Copie-de-Copie-de-Copie-de-Copie-de-Octobre-2024-4-scaled.jpg\",\"keywords\":[\"mars2026\"],\"articleSection\":[\"Litt\u00e9rature\"],\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"CommentAction\",\"name\":\"Comment\",\"target\":[\"https:\/\/revuedestemps.com\/index.php\/2026\/03\/15\/ambiguite-de-lutopie-dans-loeuvre-de-jules-verne\/#respond\"]}]},{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\/\/revuedestemps.com\/index.php\/2026\/03\/15\/ambiguite-de-lutopie-dans-loeuvre-de-jules-verne\/\",\"url\":\"https:\/\/revuedestemps.com\/index.php\/2026\/03\/15\/ambiguite-de-lutopie-dans-loeuvre-de-jules-verne\/\",\"name\":\"Ambigu\u00eft\u00e9 de l\u2019utopie dans l\u2019\u0153uvre de Jules Verne. - Revue des Temps\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/revuedestemps.com\/#website\"},\"primaryImageOfPage\":{\"@id\":\"https:\/\/revuedestemps.com\/index.php\/2026\/03\/15\/ambiguite-de-lutopie-dans-loeuvre-de-jules-verne\/#primaryimage\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\/\/revuedestemps.com\/index.php\/2026\/03\/15\/ambiguite-de-lutopie-dans-loeuvre-de-jules-verne\/#primaryimage\"},\"thumbnailUrl\":\"https:\/\/revuedestemps.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Copie-de-Copie-de-Copie-de-Copie-de-Octobre-2024-4-scaled.jpg\",\"datePublished\":\"2026-03-15T16:32:31+00:00\",\"dateModified\":\"2026-03-16T21:37:26+00:00\",\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\/\/revuedestemps.com\/index.php\/2026\/03\/15\/ambiguite-de-lutopie-dans-loeuvre-de-jules-verne\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\/\/revuedestemps.com\/index.php\/2026\/03\/15\/ambiguite-de-lutopie-dans-loeuvre-de-jules-verne\/\"]}]},{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\/\/revuedestemps.com\/index.php\/2026\/03\/15\/ambiguite-de-lutopie-dans-loeuvre-de-jules-verne\/#primaryimage\",\"url\":\"https:\/\/revuedestemps.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Copie-de-Copie-de-Copie-de-Copie-de-Octobre-2024-4-scaled.jpg\",\"contentUrl\":\"https:\/\/revuedestemps.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Copie-de-Copie-de-Copie-de-Copie-de-Octobre-2024-4-scaled.jpg\",\"width\":2560,\"height\":1280},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\/\/revuedestemps.com\/index.php\/2026\/03\/15\/ambiguite-de-lutopie-dans-loeuvre-de-jules-verne\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Accueil\",\"item\":\"https:\/\/revuedestemps.com\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"Ambigu\u00eft\u00e9 de l\u2019utopie dans l\u2019\u0153uvre de Jules Verne.\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\/\/revuedestemps.com\/#website\",\"url\":\"https:\/\/revuedestemps.com\/\",\"name\":\"Revue des Temps\",\"description\":\"L&#039;actualit\u00e9 politique et culturelle sous tous les angles. Revue fond\u00e9e par Gaspard Rambel en novembre 2023.\",\"publisher\":{\"@id\":\"https:\/\/revuedestemps.com\/#organization\"},\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\/\/revuedestemps.com\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"Organization\",\"@id\":\"https:\/\/revuedestemps.com\/#organization\",\"name\":\"Revue des Temps\",\"url\":\"https:\/\/revuedestemps.com\/\",\"logo\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\/\/revuedestemps.com\/#\/schema\/logo\/image\/\",\"url\":\"https:\/\/revuedestemps.com\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/sticker-vintage-carte-map-monde-black-white-edited.jpg\",\"contentUrl\":\"https:\/\/revuedestemps.com\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/sticker-vintage-carte-map-monde-black-white-edited.jpg\",\"width\":528,\"height\":528,\"caption\":\"Revue des Temps\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\/\/revuedestemps.com\/#\/schema\/logo\/image\/\"}},{\"@type\":\"Person\",\"@id\":\"https:\/\/revuedestemps.com\/#\/schema\/person\/db92be17fd8c0fbd63117ac1a1318d47\",\"name\":\"Didier Lafargue\",\"image\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\/\/revuedestemps.com\/#\/schema\/person\/image\/\",\"url\":\"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/700d11f1b8f26a5e7c588b7d7c13da6bfd31fa32980fb5bc8499a1b49f769d34?s=96&d=mm&r=g\",\"contentUrl\":\"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/700d11f1b8f26a5e7c588b7d7c13da6bfd31fa32980fb5bc8499a1b49f769d34?s=96&d=mm&r=g\",\"caption\":\"Didier Lafargue\"},\"url\":\"https:\/\/revuedestemps.com\/index.php\/author\/didier-lafargue\/\"}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Ambigu\u00eft\u00e9 de l\u2019utopie dans l\u2019\u0153uvre de Jules Verne. - Revue des Temps","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/revuedestemps.com\/index.php\/2026\/03\/15\/ambiguite-de-lutopie-dans-loeuvre-de-jules-verne\/","og_locale":"fr_FR","og_type":"article","og_title":"Ambigu\u00eft\u00e9 de l\u2019utopie dans l\u2019\u0153uvre de Jules Verne. - Revue des Temps","og_description":"C\u2019est en 1879 que parut le roman de Jules Verne Les 500 millions de la Begum. Celui-ci est l\u2019histoire de deux savants, l\u2019un Fran\u00e7ais, l\u2019autre Allemand, qui, se partageant un fabuleux h\u00e9ritage l\u00e9gu\u00e9 par l\u2019\u00e9pouse d\u2019un maharadja, se mirent en t\u00eate d\u2019\u00e9difier chacun, au fin fond de l\u2019Am\u00e9rique du Nord, une ville qui prendrait exactement [&hellip;]","og_url":"https:\/\/revuedestemps.com\/index.php\/2026\/03\/15\/ambiguite-de-lutopie-dans-loeuvre-de-jules-verne\/","og_site_name":"Revue des Temps","article_published_time":"2026-03-15T16:32:31+00:00","article_modified_time":"2026-03-16T21:37:26+00:00","og_image":[{"width":2560,"height":1280,"url":"http:\/\/revuedestemps.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Copie-de-Copie-de-Copie-de-Copie-de-Octobre-2024-4-scaled.jpg","type":"image\/jpeg"}],"author":"Didier Lafargue","twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"\u00c9crit par":"Didier Lafargue","Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e":"22 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"Article","@id":"https:\/\/revuedestemps.com\/index.php\/2026\/03\/15\/ambiguite-de-lutopie-dans-loeuvre-de-jules-verne\/#article","isPartOf":{"@id":"https:\/\/revuedestemps.com\/index.php\/2026\/03\/15\/ambiguite-de-lutopie-dans-loeuvre-de-jules-verne\/"},"author":{"name":"Didier Lafargue","@id":"https:\/\/revuedestemps.com\/#\/schema\/person\/db92be17fd8c0fbd63117ac1a1318d47"},"headline":"Ambigu\u00eft\u00e9 de l\u2019utopie dans l\u2019\u0153uvre de Jules Verne.","datePublished":"2026-03-15T16:32:31+00:00","dateModified":"2026-03-16T21:37:26+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https:\/\/revuedestemps.com\/index.php\/2026\/03\/15\/ambiguite-de-lutopie-dans-loeuvre-de-jules-verne\/"},"wordCount":4402,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https:\/\/revuedestemps.com\/#organization"},"image":{"@id":"https:\/\/revuedestemps.com\/index.php\/2026\/03\/15\/ambiguite-de-lutopie-dans-loeuvre-de-jules-verne\/#primaryimage"},"thumbnailUrl":"https:\/\/revuedestemps.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Copie-de-Copie-de-Copie-de-Copie-de-Octobre-2024-4-scaled.jpg","keywords":["mars2026"],"articleSection":["Litt\u00e9rature"],"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"CommentAction","name":"Comment","target":["https:\/\/revuedestemps.com\/index.php\/2026\/03\/15\/ambiguite-de-lutopie-dans-loeuvre-de-jules-verne\/#respond"]}]},{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/revuedestemps.com\/index.php\/2026\/03\/15\/ambiguite-de-lutopie-dans-loeuvre-de-jules-verne\/","url":"https:\/\/revuedestemps.com\/index.php\/2026\/03\/15\/ambiguite-de-lutopie-dans-loeuvre-de-jules-verne\/","name":"Ambigu\u00eft\u00e9 de l\u2019utopie dans l\u2019\u0153uvre de Jules Verne. - Revue des Temps","isPartOf":{"@id":"https:\/\/revuedestemps.com\/#website"},"primaryImageOfPage":{"@id":"https:\/\/revuedestemps.com\/index.php\/2026\/03\/15\/ambiguite-de-lutopie-dans-loeuvre-de-jules-verne\/#primaryimage"},"image":{"@id":"https:\/\/revuedestemps.com\/index.php\/2026\/03\/15\/ambiguite-de-lutopie-dans-loeuvre-de-jules-verne\/#primaryimage"},"thumbnailUrl":"https:\/\/revuedestemps.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Copie-de-Copie-de-Copie-de-Copie-de-Octobre-2024-4-scaled.jpg","datePublished":"2026-03-15T16:32:31+00:00","dateModified":"2026-03-16T21:37:26+00:00","breadcrumb":{"@id":"https:\/\/revuedestemps.com\/index.php\/2026\/03\/15\/ambiguite-de-lutopie-dans-loeuvre-de-jules-verne\/#breadcrumb"},"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/revuedestemps.com\/index.php\/2026\/03\/15\/ambiguite-de-lutopie-dans-loeuvre-de-jules-verne\/"]}]},{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/revuedestemps.com\/index.php\/2026\/03\/15\/ambiguite-de-lutopie-dans-loeuvre-de-jules-verne\/#primaryimage","url":"https:\/\/revuedestemps.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Copie-de-Copie-de-Copie-de-Copie-de-Octobre-2024-4-scaled.jpg","contentUrl":"https:\/\/revuedestemps.com\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Copie-de-Copie-de-Copie-de-Copie-de-Octobre-2024-4-scaled.jpg","width":2560,"height":1280},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/revuedestemps.com\/index.php\/2026\/03\/15\/ambiguite-de-lutopie-dans-loeuvre-de-jules-verne\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Accueil","item":"https:\/\/revuedestemps.com\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Ambigu\u00eft\u00e9 de l\u2019utopie dans l\u2019\u0153uvre de Jules Verne."}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/revuedestemps.com\/#website","url":"https:\/\/revuedestemps.com\/","name":"Revue des Temps","description":"L&#039;actualit\u00e9 politique et culturelle sous tous les angles. Revue fond\u00e9e par Gaspard Rambel en novembre 2023.","publisher":{"@id":"https:\/\/revuedestemps.com\/#organization"},"potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/revuedestemps.com\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"Organization","@id":"https:\/\/revuedestemps.com\/#organization","name":"Revue des Temps","url":"https:\/\/revuedestemps.com\/","logo":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/revuedestemps.com\/#\/schema\/logo\/image\/","url":"https:\/\/revuedestemps.com\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/sticker-vintage-carte-map-monde-black-white-edited.jpg","contentUrl":"https:\/\/revuedestemps.com\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/sticker-vintage-carte-map-monde-black-white-edited.jpg","width":528,"height":528,"caption":"Revue des Temps"},"image":{"@id":"https:\/\/revuedestemps.com\/#\/schema\/logo\/image\/"}},{"@type":"Person","@id":"https:\/\/revuedestemps.com\/#\/schema\/person\/db92be17fd8c0fbd63117ac1a1318d47","name":"Didier Lafargue","image":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/revuedestemps.com\/#\/schema\/person\/image\/","url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/700d11f1b8f26a5e7c588b7d7c13da6bfd31fa32980fb5bc8499a1b49f769d34?s=96&d=mm&r=g","contentUrl":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/700d11f1b8f26a5e7c588b7d7c13da6bfd31fa32980fb5bc8499a1b49f769d34?s=96&d=mm&r=g","caption":"Didier Lafargue"},"url":"https:\/\/revuedestemps.com\/index.php\/author\/didier-lafargue\/"}]}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revuedestemps.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5451","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/revuedestemps.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revuedestemps.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revuedestemps.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/38"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revuedestemps.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5451"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/revuedestemps.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5451\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5476,"href":"https:\/\/revuedestemps.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5451\/revisions\/5476"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revuedestemps.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/5466"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revuedestemps.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5451"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revuedestemps.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5451"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revuedestemps.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5451"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}