Trump a de manière officielle rejoint les pays combattant l’Ukraine. Sa décision d’autoriser la commercialisation de millions de barils de pétrole russes sur les marchés américains, et mondiaux, est un acte hostile à l’égard du pays.
Pour Kyiv, c’est un coup de poignard dans le dos. Alors que celle-ci s’évertue à priver la Russie de la manne financière pétrolière, ses recettes vont augmenter et donc soutenir l’effort de guerre russe contre l’Ukraine. Il appartient désormais au président Zelenskyi de traiter Trump comme un dirigeant hostile à son pays, malgré les promesses chimériques d’une potentielle aide à la défense du ciel ukrainien.
Poutine a conquis bien plus qu’il ne désirait. La Russie avait assorti un cessez-le-feu énergétique à une diminution des sanctions contre son pays. Non seulement, il a obtenu ce qu’il voulait, mais en plus il va pouvoir continuer de frapper à son aise les installations énergétiques ukrainiennes ainsi que les civiles.
Trump a démontré que ses décisions sont insensées, celles-ci affaiblissent les Etats-Unis au point de le faire s’agenouiller devant la Russie. Il semble faire payer à l’Ukraine son erreur d’avoir attaqué l’Iran sans aucunes préparations et aucuns objectifs stratégiques. Trump a également la trouille d’une défaite mémorable aux élections midterm, par conséquent il abreuve le marché américain de diesel russe pour faire oublier le désastre qu’il a provoqué.
La balle est dans le camp du peuple américain
Quel silence assourdissant des dirigeants européens face aux nouvelles humiliations injustes portées par Trump au président Zelenskyi. L’Ukraine a accepté tous les formats de paix, sans exception… Seuls les dirigeants britanniques et australiens ont refusé de s’aplatir. En Europe, on se tait ou on critique à demi-mots. Ce fatalisme est une sorte de soumission.
Trump veut maintenant arrêter de fournir du renseignement aux Ukrainiens. Le seul espoir réside dans ces élections midterm du mois prochain. Une cohabitation forcée n’arrêterait pas les facéties de Trump mais le briderait sérieusement.
L’Ukraine, lassée par presque 5 ans de guerre, n’a pas de leçon à recevoir d’un « loser » professionnel, recordman des faillites aux USA, incapable de gagner sa guerre en Iran, coupable d’avoir entrainé bon nombre d’Américains dans une précarité toujours plus grande, d’avoir déclaré des guerres économiques à ses partenaires, d’avoir détruit en 2 ans le rêve américain.
Cet accord signé à la hâte, qu’il essaye de vendre comme une victoire, cache en réalité la grande insécurité et faiblesse qui l’habite. Depuis le début de son mandat il n’a jamais réussi à tenir la même ligne politique, en matière de relations internationales, plus de six mois.
Trump n’est pas meilleur que Poutine, peu lui importe le coût humain de ses décisions, du moment qu’elles lui assurent la continuité du pouvoir. Ses sorties médiatiques aussi n’ont pas eu l’effet escompté sur l’opinion publique. Plus il attaque le président Zelenskyi sur les réseaux sociaux, plus le pays fait bloc autour du président ukrainien.
Fabrice Michel
Autres réactions :
« Razom for Ukraine exprime sa ferme opposition à la décision du président Trump d’autoriser près de 5 millions de tonnes de diesel russe d’entrer sur le marché américain et sur le marché mondial.
Chaque dollar dépensé par les États-Unis pour acheter du diesel russe est un dollar que Poutine utilise pour tuer des Ukrainiens dans les hôpitaux, les écoles et les abris.
Hier, la Russie a bombardé deux bus dans la ville ukrainienne de Kramatorsk, tuant 33 personnes. La veille, elle avait bombardé un immeuble résidentiel à Pryluky, faisant 22 morts, dont des enfants. Les pétrodollars russes financent ces crimes. Le président Trump affirme vouloir sauver des vies. La décision d’acheter du diesel russe compromet cet objectif.
Razom for Ukraine appelle le président Trump à revenir sur cette décision et invite les membres du Congrès à examiner tous les mécanismes législatifs et de contrôle disponibles pour l’inverser. »
Lien pour lire l’article en intégralité : Razom for Ukraine: You Cannot Put America First While Buying Russian Diesel – Razom
« L’Union européenne critique la levée des sanctions
Ce « coup de poignard » dans le dos est d’autant plus douloureux pour l’Ukraine qu’il suscite, pour l’instant, bien peu de condamnations des autres chancelleries occidentales.
La cheffe de la diplomatie de l’Union européenne, Kaja Kallas, a dénoncé samedi la décision américaine. « Suspendre les sanctions sur le diesel russe offre à Moscou davantage de revenus pour faire la guerre. Ce n’est pas le moment de relâcher la pression sur la Russie, et l’Europe ne le fera pas », a-t-elle écrit sur les réseaux sociaux. L’UE a par ailleurs promis de continuer à renforcer ses propres mesures contre Moscou. Lundi 12 octobre, les ministres des Affaires étrangères de l’UE doivent ajouter officiellement quelque 1 600 noms à la liste noire des personnes et entités visées par les sanctions européennes liées à la guerre en Ukraine.
Union européenne, Allemagne, Royaume-Uni et France y sont représentés, mais cela n’empêche pas le communiqué de Downing Street d’affirmer que le gouvernement britannique s’engage à « maintenir la pression » sur le Kremlin avec « les sanctions les plus dures jamais imposées à la Russie » et à travailler étroitement avec ses partenaires internationaux pour assurer les soutien militaire et financier nécessaire à l’Ukraine. Le porte-parole du gouvernement allemand rappelle, quant à lui, que de nouvelles sanctions à l’encontre de la Russie sont en préparation au sein de l’UE mais se contente de « prendre acte » de l’accord américano-russe.
Mais les positions sont cependant clairement établies depuis l’assouplissement par les États-Unis des sanctions à l’égard du pétrole russe en mars 2026, un assouplissement qualifié « d’autodestructeur » par Valdis Dombrovskis, le commissaire européen à l’Économie. »
Lien pour lire l’article en intégralité : Accord Moscou-Washington sur le pétrole: quelles conséquences après la levée des sanctions américaines? – RFI
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