Présentation du recueil de poésies : « L’Hirondelle sans bagage ».
—
par
Gaspard Rambel
Savoyard au sang limougeaud, Jacques Marcel Favre est né le 17 février 1964 dans une petite commune française frontalière avec l’Italie, Modane. Il vit désormais en Suisse.
Artiste autodidacte, il conçoit la création comme médium afin d’offrir du rêve, autant que de la réflexion, n’hésitant pas à effectuer des ponts entre photographie et écriture, pour ainsi explorer toutes les nuances de ton que lui offre son imagination.
La poésie se doit pour lui d’être évolutive, plus proche de son lecteur. À la manière d’un parchemin en constante relecture, ou d’une bible qui s’adapte au monde dans lequel elle prend page.
Il présente son “Hirondelle sans bagage”[1]. Recueil de poésies, illustré de photos complices et amantes, il signe avec lui sa première sortie littéraire sous l’égide de la maison d’édition « Jets d’Encre »[2].
Au regard des souffrances de son « hirondelle » fauchée dans son innocence par le SIDA, devant un combat face auquel elle n’a jamais baissé les armes. L’intégralité de ses bénéfices d’auteur seront reversés à la Lola Children’s Home[3] à Mekele en Ethiopie, via l’association des Amis des Enfants du Monde[4].
Préface de Daouda Mbouobouo (Poète, écrivain, avocat, Président de la Société des poètes et artistes du Cameroun (SPAC)) :
“Une plume, une image, voire un destin. Désormais, la plume de Jacques Marcel Favre fait feu de tout bois. Le poète, d’une sensibilité éloquente et à la générosité marquante, est un humaniste qui parle des problèmes des autres comme des siens. Une plume sensuelle qui caresse la vie en lui ouvrant les portes de l’espoir. L’espoir d’une poésie toujours frêle, prête à soigner nos plaies. Dans un style apaisant, fluide, il se met à table, c’est-à-dire dans la peau de son alter ego. Il souffre avec lui dans un combat qui l’a choisi, et non un combat qu’il a choisi.
Cette écriture digeste ne laisse personne indifférent. De mémoire de poète, la profondeur des thèmes qu’il soulève, la mélancolie orchestrée, associée aux photographies, s’inscrit dans ce qu’il appelle lui-même la poésie évolutive. Nous ne pouvons plus faire autrement face aux affres de la vie. Nous devons faire différemment, nous devons oser. Le poète innove, crée avec une originalité sans précédent. Il va vers sa destinée, il a trouvé sa voie. Il pleure des souffrances des autres. Il en a fait son credo.
Un beau désordre ! Oui, le désordre peut être beau, et le poète sublimé par la nature, la réalité parfois difficile du quotidien, nous chante les vertus de son passé. Une société dans laquelle l’homme est condamné à être plus vertueux face aux limites de la science. Nous tambourinons vers un désert inconnu. Nous sommes obligés de faire une halte, car le chemin est encore long. Il le sera d’autant plus qu’une hirondelle fera désormais le printemps, même si elle vole « sans bagage ».
L’Hirondelle sans bagage arrive avec un message attaché à sa patte. Nous le lirons avec notre cœur, mais surtout une certaine attention.”
Extrait du recueil :
Mythologie
Au royaume d’Héraclès, armé d’intenses ardeurs,
Je livrerai bataille dans l’arène de tes nuits,
Arpentant l’Olympe charnel de ton cœur,
Nous rejoindrons le jardin d’Éros pour en cueillir les fruits.
Des feux d’Hadès, surgissant du Tartare,
Quand l’indécence embrase l’ivresse et le chaos,
Éperdus dans les flammes de plaisirs ostentatoires,
Nous brûlerons notre âme à leurs jeux infernaux.
Tel un argonaute à la conquête de rives inconnues,
Je défierai Priape en franchissant le seuil de la tentation,
Au regard d’une odyssée romanesque et incongrue,
Puisse Homère en savourer les galantes inspirations.