La guerre de Troie n’aura pas lieu, analyse de l’œuvre de Jean Giraudoux

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Didier Lafargue est journaliste au quotidien régional Sud Ouest. Il couvre principalement les questions économiques, politiques, l’aménagement du territoire et les initiatives locales. Il collabore également pour les revues Matières à penser, Acropolis, et Temporel, où il rédige régulièrement des articles comparés à partir de la pensée de Carl Gustav Jung.

 

La guerre, la paix, ainsi alternent dans l’Histoire les deux états connus par l’Humanité tant il est vrai que l’agressivité est une fonction inhérente à la nature humaine. Jean Giraudoux (1882-1944), écrivain de l’entre-deux guerre le savait bien, lui qui avait connu la guerre de 1914. L’opposition entre les nations avait par réaction suscité en lui un désir de dépasser un caractère excessif et explosif.

Le contexte de son temps offrait une justification à ses convictions. C’est en 1935 que parut sa pièce, La guerre de Troie n’aura pas lieu. À l’époque, Mussolini, en Italie, venait de mettre la main sur l’Ethiopie. L’Allemagne se faisait menaçante et manifestait sa volonté de remettre en question l’ordre international. Cette offensive des dictateurs créait une ambiance favorable à l’œuvre de Giraudoux qui voulut montrer jusqu’à quel point les actions humaines ne faisaient que révéler la fragilité de la paix du monde. Reprenant les personnages de l’Iliade, sa pièce évoque les tentatives d’un homme, Hector, héros troyen, afin d’empêcher la guerre entre Troie et les Grecs. Son action se situe juste avant le déclenchement des hostilités au moment de l’arrivée d’une ambassade grecque dirigée par Ulysse.

Hector, homme volontaire et positif.

Giraudoux a toujours témoigné d’une grande culture classique. Sa maîtrise de la langue française, qui devait susciter l’admiration de ses professeurs, alla toujours de pair avec sa connaissance de la civilisation des Anciens et de toute la tradition littéraire et philosophique qui en était l’apanage. Les mythes grecs, en particulier, l’ont fasciné et toute son œuvre théâtrale témoigne de leur influence quand il met en scène des personnages antiques.

Hector, projection de l’auteur, est la figure la plus positive de l’œuvre. Blessé lors de la Grande guerre Giraudoux avait élaboré une réflexion concernant l’évolution tragique dont les conflits du XXe siècle étaient l’aboutissement. Avec bon sens, il jugeait que les guerres d’antan ne concernaient que les professionnels, les mercenaires. À présent, tous les citoyens étaient contraints de se rendre sur le front pour lutter contre des ennemis non fondamentalement différents les uns des autres. L’auteur relève qu’il pouvait exister des contacts entre les lignes adverse ; il n’y a aucune raison de tirer contre un homme qui ne nous a rien fait, ce qu’il souligne lorsqu’il fait dire par un Allemand dans l’une de ses pièces : « Aux tranchées entre les assauts, nous bavardions quelquefois, avec les Français. Il est dur de se taire quand on se tait depuis des mois. »[1]. Giraudoux raisonne comme un ancien combattant quand il met en scène Hector.

L’idée de responsabilité l’anime. Par-là, on comprend ce que le thème du héros représente pour l’auteur. Typiquement grec, il est l’image de la personnalité en construction et de la difficulté à construire cette personnalité. Par-là se vérifie le culte voué par Giraudoux à la civilisation des Hellènes. Pour ces dernier, le terme s’appliquait aux chefs de la guerre de Troie. Le héros, très justement, est un « chef », chef pour autrui et surtout envers soi-même. Conformément à la tradition, il participe tant de la divinité que de l’humanité et selon les Anciens, à l’exemple d’Hercule ou de Persée, il était le fruit d’une union entre un dieu et une mortelle. Cela signifie qu’il est guidé au plus haut degré par la lumière de la conscience. On sent cependant, chez notre auteur, un certain scepticisme envers cette conception. De façon plus moderne, il considère le héros avec recul et toujours en devenir. « Dieu […] a donné à chaque être les éléments nécessaires pour être son propre héros. […] chacun de nous peut exister, s’il a son existence légendaire. L’homme ou la femme qui n’est pas légendaire n’est rien. Le tout est de trouver sa légende »[2] fait-il dire à l’un de ses personnages dans une autre de ses œuvres. 

Cette conscience qui le caractérise, Hector l’exprime de façon éloquente quand il prononce son discours aux morts. En manière de parodie, le dramaturge a voulu s’inspirer du discours traditionnel des autorités, mais on sent l’ironie qui perce sous les mots. Les disparus en vis-à-vis avec les vivants, Hector paraît donner la prééminence à ces derniers. C’est finalement à un éloge de la vie que se livre le fils du roi Priam, la vie qu’il faut défendre et promouvoir. « Les vivants, vainqueurs ou non, ont la vraie cocarde, la double cocarde. Ce sont leurs yeux. Nous, nous avons deux yeux, mes pauvres amis. Nous voyons le soleil. […] La guerre me semble la recette la plus sordide et la plus hypocrite pour égaliser les humains et que je n’admets pas plus la mort comme châtiment ou comme expiation au lâche que comme récompense aux vivants »[3] dit-il. Le passage du « nous » au « je » prouve qu’il s’est impliqué pleinement dans l’action et toute la pièce le verra obéir à ses valeurs quand il tentera par tous les moyens d’éviter la guerre. Cette volonté d’agir qui est celle du héros prend un tour résolument moderne.

Omniprésence de la fatalité.

Si entreprenant que soit Hector, sa volonté est sous l’emprise de la fatalité. À l’époque de Giraudoux, celle-ci détenait un poids prépondérant dans la vie littéraire. On ne peut s’en étonner si l’on considère l’ambiance de tragédie caractérisant son temps. Si le XIXème siècle avait peu connu la guerre, seulement de manière localisée, le XXème siècle fut celui des conflits mondiaux au nombre de morts incalculable. L’homme s’est vu tel qu’il était, dans sa face sombre et démoniaque, sujet à des forces dont il n’était pas maître et subjuguant sa volonté. La croyance en la fatalité a marqué les esprits : la pensée de Freud qui croit que l’homme est influencé par son inconscient, celle de Marx pour qui l’homme ne pourra échapper à la dictature du prolétariat ainsi que du machinisme pour Bernanos… La littérature, jusqu’aux pièces de boulevard et au théâtre d’avant-garde, a suivi cette tendance. Le théâtre de Giraudoux en a été tributaire avec Amphitrion 38 et Judith. Pièces amères, la fatalité s’y exprime de manière traditionnelle en découlant de l’intervention divine. L’homme n’est rien, tout n’est que dérision ; Dieu, représenté par Jupiter dans Amphitrion 38, le dieu de l’Ancien testament dans Judith, tire les ficelles et n’existe aucune liberté.

Dans La guerre de Troie n’aura pas lieu, la fatalité prend un tour psychologique dans la mesure où elle s’appuie sur un « être-prétexte », la belle Hélène, enlevée par Pâris. Le destin a pris une décision marquée à travers un personnage qui l’exprime dès le début, Cassandre. S’il admet que l’homme puisse être heureux timidement, il n’accepte pas la provocation. Pour que la guerre qu’Hector ne veut pas ait lieu, il va se servir d’Hélène, l’être prétexte. Celle-ci n’aime pas Pâris et l’un et l’autre sont prêts à se séparer. Elle  est l’instrument du destin, elle et pas une autre, à tel point qu’elle peut pressentir l’avenir à travers des scènes qu’elle voit ternes. « Je ne lis pas l’avenir. Mais dans cet avenir, je vois des scènes colorées, d’autres ternes. Jusqu’ici, ce sont toujours les scènes colorées qui ont eu lieu »[5].

Il arrive effectivement que les guerres soient déclenchées quand sont atteints des personnages que les évènements font entrer dans l’Histoire de manière brutale. Quand François-Ferdinand, l’héritier du trône des Habsbourg, fut assassiné avec son épouse en 1914 éclata la première guerre mondiale. Quand ce n’est pas une personne c’est une ville qui est « l’être prétexte ». Hitler mettant la main sur Dantzig en août 1939, la deuxième guerre mondiale fut engagée. Une ville d’Europe du nord a déclenché le conflit le plus sanglant de l’Histoire. Qu’est-devenu Dantzig après 1945 ? Elle est entrée dans le bloc communiste. « Elles n’ont l’air de rien. Elles sont parfois une bourgade, presque un village, une petite reine, mais si vous les touchez, prenez garde ! C’est là la difficulté de la vie de distinguer, entre les êtres et les objets, celui qui est l’otage du destin. »[6] dira Ulysse à Hector.

Hector et Ulysse dans l’engrenage.

La force de caractère d’Hector va recevoir le meilleur témoignage dans la manière dont il va user de sa liberté. En ce sens, la pièce de Giraudoux n’est pas une tragédie grecque car le héros va faire feu de tout bois pour tenter d’éviter le conflit. Libre contre le destin.

Dans toute son œuvre théâtrale Giraudoux a accordé énormément d’importance au thème du combat, pour lui condition normale de l’homme. Peu importe l’issue finale, l’important est de lutter et de ne jamais abandonner. Le caractère volontaire d’Hector va se manifester dans son action personnelle et tout au long de la pièce on le verra remporter la victoire contre ses adversaires successifs. Il remporte sa première bataille contre Pâris. Ce dernier a fait d’Hélène sa maîtresse, mais Hector lui demande si, réellement, une guerre vaut cela. Pâris accepte l’humiliation d’une version selon laquelle il a enlevé Hélène sans la toucher. Il obtient une deuxième victoire contre le roi Priam, gâteux devant Hélène ; il finit par gagner avec l’appui de sa mère. Il remporte une troisième victoire, cette fois-ci, contre Hélène, ce qui est plus difficile ; Hector exige qu’elle parte.

Mais au fur et à mesure qu’il triomphe, il a le sentiment qu’il sera battu. « Tous m’ont cédé. Pâris m’a cédé, Priam m’a cédé, Hélène me cède. Et je sens qu’au contraire dans chacune de ces victoires apparentes, j’ai perdu »[7] dit-il. Il est vrai qu’il échouera, qui plus est par sa faute. Hector s’est longtemps contrôlé, mais à la fin, il perd son sang-froid. Il tue le belliciste troyen Demokos, ce dernier, avant de mourir, ment en affirmant avoir été tué par un Grec. L’escorte d’Ulysse est aussitôt massacrée, la guerre de Troie aura lieu ! C’est la négation de la liberté. Hector a vaincu tout le monde excepté, ironie, lui-même.

Cet homme qui a appris à détester la guerre, à aimer la paix, est simple, franc, honnête, intelligent, tellement intelligent qu’il sent qu’il va être battu. Giraudoux nous montre volontairement, à la fin, Hélène embrassant un jeune garçon de quinze ans. Ce n’est pas pour autant une guerre de l’amour, laquelle ne saurait avoir lieu; existent seulement des guerres de ressentiments déclenchées par la fatalité. Ce drame est celui de l’absurdité, celle par laquelle le destin joue et se moque. Ainsi s’exprime Cassandre : « Je tiens seulement compte de deux bêtises, celle des Hommes et celle des éléments […] Le destin […] C’est simplement la forme accélérée du temps »[8].

Dans le combat mené par Hector transparaît l’humanisme de Giraudoux car le fils de Priam va pouvoir compter sur un allié de poids, Ulysse, pourtant ennemi de sa patrie.

Il peut sembler paradoxal que la volonté du Troyen puisse transcender la haine entre les peuples. Celle-ci a su être dépassée par Giraudoux. Lui-même ne ressentait pas celle existant entre son pays, la France, et celui passant pour son ennemi héréditaire, l’Allemagne. Avant 1914, l’écrivain avait été séduit par la culture allemande, avait même envisagé un temps d’obtenir une agrégation d’allemand. Il assimilait le monde d’outre Rhin à une Allemagne pure, romantique et chargée de sainteté. Existait certes celle tueuse et guerrière incarnée par le Kaiser Guillaume II, mais Giraudoux ne la découvrira que plus tard. Ce qu’il souhaitait est qu’après la victoire de 1918, les deux peuples oublient leurs ressentiments et travaillent à leur réconciliation. « Je me refuse, moi, à creuser des tranchées à l’intérieur de moi-même »[9] dit Siegfried, héros éponyme de deux de ses œuvres.

L’écrivain avait exprimé son point de vue à travers ce personnage, dans un roman, Siegfried et le Limousin (1922), puis une pièce Siegfried (1928). Ils racontent l’histoire d’un homme, Siegfried, soldat amnésique recueilli sur le front pendant la guerre par une grande famille allemande et appelé à occuper une situation brillante dans l’Allemagne des années 1920. Un jour, il voit arriver une jeune française prénommée Geneviève qui lui apprend qu’il est en fait le soldat français Jacques Forrestier et qu’elle est son ancienne fiancée. Il connaît un dilemme : doit-il rester dans son pays d’adoption où il est appelé à un brillant avenir qui le verra peut-être entrer au gouvernement ou doit-il choisir au contraire l’authenticité en redevenant l’humble français qu’il était autrefois ? Cette deuxième option sera la sienne. Au-delà du thème de l’amnésie, c’est la confrontation entre deux peuples dont parle Giraudoux. Celle-ci est exprimée par le dialogue émouvant entre Robineau, frère de Geneviève, et son ami Zelten, l’Allemand en relation avec Siegfried et par qui Geneviève l’a retrouvé. La guerre n’a pas su détruire leur amitié. Et Zelten de dire au Français : « Toutes les fois qu’une balle me ratait, je me disais : c’est encore ce brave Robineau qui tire ! Toutes les balles qui atteignaient, comme tes paroles d’ailleurs, des objets qui n’avaient rien à faire avec elles, des bouteilles, des poires sur les arbres, je ne pouvais m’empêcher de penser que c’était les tiennes »[10].

Par-delà ces rencontres, Giraudoux met l’accent sur la complémentarité entre les pays, celle consistant, comme le dit Robineau à « introduire la poésie en France, la raison en Allemagne »[11]. L’écrivain condamne le climat de haine et de méchanceté susceptible de régner entre les deux nations car, unies, celles-ci peuvent mener à bien de grands projets. Mais sur ce point Giraudoux a cinquante ans d’avance et il est certain qu’il aurait apprécié l’effort de construction de l’Europe après 1945.

Le message qu’il s’efforce de transmettre nous fait comprendre que les valeurs humaines de respect et d’amitié peuvent dépasser l’hostilité réciproque. Entre ennemis nationaux, on s’oppose, certes, mais on s’estime, de même que les guerres étrangères, codifiées par le droit international, ont un caractère plus modéré que les guerres civiles marquées par le fanatisme. « Je ne vous hais pas. Nous autres politiciens n’allons pas gaspiller notre haine sur d’autres que des compatriotes »[12] rétorque Zelten à Siegfried qu’il sait français. Dans La grande illusion, film de Jean Renoir, l’aristocrate allemand incarné par Erich von Stroheim est ami avec son prisonnier l’aristocrate français joué par Pierre Fresnay. Cette conviction de Giraudoux se retrouve dans La guerre de Troie n’aura pas lieu et par-delà le heurt entre les camps on sent que Hector et Ulysse sont solidaires. Le véritable ennemi d’Hector est Demokos le Troyen. 

Lorsque le Troyen Hector s’interroge sur les raisons que le Grec Ulysse a de l’aider, ce dernier, compréhensif, lui répond : « Andromaque a le même battement de cils que Pénélope »[13]. À elle seule, cette phrase exprime avec une terrible intensité la compréhension entre les peuples.

Ce drame de la fatalité a été créée par un homme qui a presque tout réussi, ce qui semble un paradoxe. Quand la pièce fut jouée en 1939, les spectateurs quittèrent la salle avec des larmes aux yeux car ils sentaient qu’ils avaient assisté à une préface à la guerre qui s’annonçait. La fatalité a amené la guerre. Giraudoux a cristallisé ces craintes en prédisant la catastrophe qui arrivait.

Une lueur d’espoir n’en existe pas moins à travers Hector et Ulysse. La compréhension intime de la situation et la grandeur d’âme dont l’un et l’autre font preuve sont là pour montrer que toujours la bonne volonté saura se manifester quelles que soient les situations et leur combat demeurera un exemple pour chacun.

Quel que puisse être le caractère actuel du sujet, lequel n’a pas échappé aux contemporains, le regard de Giraudoux va au-delà de Troie et de l’année 1935. La lucidité dont il a fait preuve témoigne du caractère intemporel des vérités exprimées propre à faire de sa tragédie une œuvre indémodable transcendant toutes les époques.

Didier Lafargue

Bibliographie :

  • René Marill Albérès, La genèse du Siegfried de Jean Giraudoux. Paris : M.J.Minard, Lettres modernes, 1963.

  • Charles Mauron, Le théâtre de Giraudoux. Paris : L’Harmattan, 2002.

  • Jacques Body, Jean Giraudoux. Paris : Gallimard, 2004.

  • André Job et Sylviane Coyault (publié sous la direction de); avec la collaboration de Pierre d’Almeida, Dictionnaire Jean Giraudoux. Paris : Honoré Champion éditeur, 2018.

  1. Siegfried, Acte I, scène III, dans Jean Giraudoux, Théâtre complet. Paris : NRF, Gallimard, collection Bibliothèque de La Pléiade, 1982, p. 8.

  2. Jean Giraudoux, La Menteuse, dans Œuvres romanesques complètes II. Paris : Gallimard, 1993, collection Bibliothèque de La Pléiade, p.789.

  3. Jean Giraudoux, La guerre de Troie n’aura pas lieu, Acte II, scène V. Paris : Librairie Larousse, 1971, p.96-97.

  4. Jean Giraudoux, La guerre de Troie n’aura pas lieu, ibid., p.91.

  5. Jean Giraudoux, La guerre de Troie n’aura pas lieu, Acte I, scène IX. ibid., p.69.

  6. Jean Giraudoux, La guerre de Troie n’aura pas lieu, Acte II, scène XIII. ibid., p.130.

  7. Jean Giraudoux, La guerre de Troie n’aura pas lieu, Acte I, scène IX., ibid., p.74.

  8. Jean Giraudoux, La guerre de Troie n’aura pas lieu, Acte I, scène I., ibid., p.34.

  9. Jean Giraudoux, Siegfried, dans Op.cit., Acte IV, scène III, p.68.

  10. Jean Giraudoux, Siegfried, Acte I, scène VI, ibid., p. 15.

  11. Jean Giraudoux, Siegfried, ibid., p. 16.

  12. Jean Giraudoux, Siegfried, Acte III, scène II, ibid., p. 48

  13. Jean Giraudoux, La guerre de Troie n’aura pas lieu, Acte II, scène XIII, Op.cit. p. 132.

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